Découvrez notre quartier, Cimiez


 

Notre quartier, Cimiez


Monter à sa campagne... L'habitude était ancestrale et pas seulement chez les plus aisés : au XVIIIe siècle déjà, on quittait les ruelles grouillantes et fétides du Vieux Nice pour passer quelques jours au bon air et au calme. A la fin du XIXe siècle encore, Rimiez ou Caucade, la Madonnette ou la Costière ne sont que des hameaux ruraux aux paysages champêtres.

Les habitations qu'on y trouve sont des fermes ou des cabanons, des pavillons de campagnes ou des hôtels de luxe - parce que là aussi, les riches étrangers ont élu domicile. On les rencontre à Fabron, au Mont-Boron, à Saint-Bathélémy et surtout à Cimiez : la reine Victoria elle-même avait pris l'habitude, à partir de 1895, d'y venir passer l'hiver - et c'est pour l'accueillir, elle, sa suite et tous ses riches sujets qui l'imitaient, que l'architecte niçois Sébastien-Marcel Biasini édifia le somptueux Excelsior Regina Hôtel. La souveraine l'inaugura en 1897. Le long du prestigieux boulevard de Cimiez, ouvert en 1884, il y eut aussi le Majestic, le Riviera Palace, l'Alhambra au style curieusement mauresque, le Winter Palace, L'Hermitage...

Mais la mode remontait loin. Au XVIIe siècle déjà, la noble famille niçoise des Gubernatis y avait sa villa de campagne de style génois - en 1950, elle fut rachetée par la mairie qui y installa le musée Matisse - au surplomb de ruines antiques. Car le sites avait déjà la faveur des Romains: Cemenelum constituait la ville romaine, sur son promontoire à l'intérieur des terres et contrôlant l'accès des vallées, tandis que Nikaia était la cité grecque, comptoir maritime et port commercial.

La ville romaine fut fondée quelques années avant notre ère par l'empereur Auguste, après que celui-ci eut soumis les tribus alpines des environs. Il choisit la colline de Cimiez, qui avait l'avantage d'être à proximité de "via Julia", important axe de communication l'Empire romain qui reliait l'Italie à l'Espagne. Entre Cemenelum la Romaine et Nikaia la Grecque - qui était rattachée administrativement -, les relations tournaient parfois à la rivalités, voire à la confrontation... D'abord simple ville de garnison militaire, Cemenelum devint capitale capitale de la province romaine des Alpes-Maritimes. La splendeur et la richesse de la vie d'alors, on la ressent encore en parcourant les restes des trois bâtiments de thermes alimentés par deux aqueducs, les ruines du baptistère et de la basilique paléochrétienne, ou encore l’amphithéâtre, les fameuses arènes qui pouvaient accueillir 5 000 spectateurs...

Prospère pendant les heures florissantes de l'Empire romain, Cemenelum subit de plein fouet les effets de sa décadence et des invasions barbares : appauvrie, dépeuplée aux attaques, elle perdit son rang de capitale provinciale à la fin du IIIe siècle au profit d'Embrun et déclina. Ses habitants se réfugièrent peu à peu sur le site de Nikaia, où la colline du château offrait un abri plus sûr. Toute vie urbaine semble avoir disparu de Cemenelum après le XVIe siècle.

Cimiez revint à la vie grâce à la revue des voyageurs étrangers, séduits par l'étendue des ses panoramas et par le pittoresque de ses ruines. Longer à pied le frigidarium des thermes où était installée une ferme, traverser à cheval l'enceinte des arènes constituaient des promenades appréciées des hivernants.

Tout proches, les jardins du monastère franciscain offraient un séjour plus spirituel. Depuis le Moyen Age, il existait là une chapelle, où vinrent s'installer en 1456 les moines franciscains de l'Observance. L'église conventuelle, plusieurs fois modifiée entre le XVIIe et le XIXe siècle, conserve deux magnifique tableaux du peintre primitif niçois de la Renaissance Louis Bréa : une Pietà et une Déposition de Croix.

Les tombes du cimetière du couvent attestant l'attrait qu'exerça la colline de Cimiez. Y sont ainsi enterrés Raoul Dufy, Henry Matisse - qui vécut à l'hôtel Regina tout proche -, Hercule Trachel - auteur des fresques de l'église - ou encore l'écrivain Roger Martin du Gard, chartiste et prix nobel de Littérature en 1937.

Le Séminaire, inauguré en 1898, devint par l'effet de la loi de Séparation de 1905, propriété de l’État, qui en fit une école normale de filles. Une aile en fut dévolue aux archives départementale, qui y demeurèrent jusqu'en 1984, laissant la place à une annexe des archives de Nice.

Au pied de l'antique colline de Cimiez où fleurissaient les hôtels, se nichèrent villas de luxe et parcs délicieux : ainsi le château Valrose ou, le long de l'avenue Brancolar, le parc Liserb. Son propriétaire, d'origine brésilienne, imagina de donner à son domaine le nom de son pays à l'envers.







Excelsior Régina Palace


L'Excelsior Régina Palace est le nom donné à un hôtel de luxe de Nice entre 1897 et 1935. Il est situé sur la colline de Cimiez (cote : 104 mètres) sur le boulevard du même nom, et a été reconverti dans les années 1930 en immeuble d'habitation.

Chronologie

Photo ancienne du Regina
En 1860, après l'annexion du comté de Nice à la France, l’accès aux collines de l’agglomération niçoise n’est pas aisé. En 1879, la colline de Cimiez devient un placement sûr pour les sociétés foncières qui achètent de très nombreuses parcelles dans le but d’y réaliser d’importants programmes immobiliers. Pour répondre aux attentes des investisseurs, la voie tracée en pointillé sur le cadastre de 18752, depuis l’avenue Désambrois jusqu’aux arènes de Cimiez, est ouverte et devient carrossable en 1881. Progressivement, en moins d’une décennie, les terres agricoles disparaissent au profit de riches demeures et d’hôtels de luxe. En cette fin de siècle, toute l’aristocratie européenne, éprise de climatisme hivernal, se donne rendez-vous sur la Riviera.
La manne laissée par cette riche clientèle incite les financiers à imaginer un immense palace culminant au-dessus du boulevard et pourvu d'un confort haut de gamme. Dans les années 1880, la reine Victoria d’Angleterre séjourne successivement à Menton, Cannes et Grasse. Le projet « Palace » se précise, en 1895, lors d’un séjour, dit-on insatisfait, de la souveraine au Grand hôtel de Cimiez à qui on promet de construire un hôtel-résidence adapté à ses exigences (électricité, tout à l’égout, chauffage central, etc.). La reine sensible à toutes ces attentions promet de venir résider le printemps suivant dans ce nouvel hôtel construit à son intention. Les travaux de terrassements débutent, et l’hôtel est achevé en moins de deux ans, au début de l’année 1897. Il est administré par une société d’exploitation qui le nomme Excelsior Hôtel Regina. Fidèle à sa promesse, la souveraine et sa suite viennent y séjourner3 du 12 mars au 28 avril 1897, puis du 13 mars au 28 avril 1898 et une troisième et dernière fois du 12 mars au 2 mai 1899. Durant la Première Guerre mondiale, il est réquisitionné et l’autorité militaire le transforme en un hôpital militaire. Le 28 janvier 1920, il est racheté par une société immobilière qui l’appelle Hôtel Regina. Le krach boursier de 1929 et la balnéarité naissante portent, après quelques années, un coup fatal aux hôtels collinaires, en particulier ceux de Cimiez. En 1934, il est déclaré en faillite puis vendu aux enchères ainsi que son mobilier l’année suivante. Le 17 juillet 1937, une nouvelle société immobilière voit le jour sous le nom de copropriété « Le Regina », et les quatre cent chambres sont transformées en quatre-vingt-dix-huit appartements. De 1938 à 1943, le peintre Henri Matisse vécut au Régina, dans un vaste appartement - atelier4.

L'édifice

Aperçu d'une des coupoles
Sa construction est confiée à l'architecte Sébastien-Marcel Biasini (1841-1913) et l'architecte Francois-Félix Gordolon pour la partie métallique il dessinat les ferforgés la couronne qui surmontait les appartements de la Reine la décoration interrieure, Gustave Eiffel l'aidat pour aller plus vite en offrant la Couronne ! La superficie de l'édifice est de 6 260 m2 répartie sur cinq étages (plus un sixième sous les combles) avec une longueur de façade sud de 104 mètres et de 45 mètres sud-est. La conception de l'ensemble repose sur des techniques de décorations caractéristiques dite de la Belle Époque. Les façades sont traitées par l'accumulation de plusieurs ornements (placages de relief en stucs, oriels verticales, combles surmontés de coupole, marquises de verre, touche d'orientalisme…) ce qui donne au futur hôtel un aspect de luxe omniprésent5. La couronne en fer forgé qui surplombe l'aile gauche qui abrite les appartements de la reine Victoria a été conçue et réalisée selon les plans de François-Félix Gordolon (1852-1901).
À l'intérieur, le palace est d'une grande modernité. À tous les étages, des ascenseurs garantissent un service soigné. Le chauffage central et l'eau chaude sont assurés par des chaudières à charbon, puis à mazout à partir de 1957. Le nouvel hôtel est pourvu d'un réseau d'assainissement qui évacue les eaux usées, dans des canalisations enterrées, vers le bas de la colline. L’éclairage électrique est dispensé par des lampes à incandescences de type Edison6.

Le jardin

Il est situé en face de l'hôtel. On y accède au moyen d'une passerelle en marbre et en métal ouvragé. D'une superficie de 8 250 m2, il est créé sur un terrain rehaussé avec de la terre extraite lors du creusement de la fondation du bâtiment. Dès 1897, il est aménagé en promenade avec des pelouses parsemées de végétaux tropicaux, céramiques vernissées et d'une serre. Une buvette permet de se désaltérer. Un terrain de badminton et un autre de croquet sont installés ainsi qu'une piste cyclable. Aujourd'hui peu d'éléments d'époque subsistent7, la serre tropicale a laissé la place à un solarium et les espaces gazonnés à un court de tennis, et ce jardin n'a plus le même attrait que jadis. À l'entrée sud du parc, une haute statue de marbre blanc représente la reine Victoria recevant des brassées de fleurs offertes par des jeunes filles. Le monument inauguré le 12 avril 1912 est l'œuvre du sculpteur Louis Maubert.
Article détaillé : Monument à la reine Victoria.

Inscription aux monuments historiques

Vue du rez-de-chaussée extérieur
L'ensemble suivant est inscrit aux monuments historiques le 6 juillet 19928 :

  • - Les façades et toiture ainsi que les terrasses et escaliers ;
  • - À l'intérieur, la véranda, le grand hall, le grand escalier et sa cage, les couloirs et halls secondaires du rez-de-chaussée et éléments de décor (boiseries, blocs de boîtes aux lettres, luminaires, glaces…) ;
  • - La passerelle d'accès au jardin au-dessus de la traverse Regina ;
  • - Le jardin, y compris les façades et toiture de l'ancienne buvette ;
  • - Le monument à la reine Victoria situé sur le domaine public.






Le musée Matisse


Le musée Matisse de Nice est consacré à l'œuvre du peintre français Henri Matisse. Il regroupe l'une plus importantes collections mondiales de ses œuvres, qui permet de retracer son parcours artistique et ses évolutions depuis ses débuts jusqu'à ses derniers travaux. Installé dans la Villa des Arènes, une villa génoise du XVIIe siècle du quartier de Cimiez, le musée a ouvert ses portes en 1963.

Histoire

La Villa des Arènes, dont les travaux de construction commencent en 1670, est achevée en 1685 et se nomme à l'époque palais Gubernatis, du nom de son propriétaire et commanditaire, Jean-Baptiste Gubernatis, consul de Nice. La villa prend son nom actuel en 1950, date à laquelle la Ville de Nice, soucieuse de la préserver, la rachète à une société immobilière. Le musée Matisse est créé en 1963 et s'installe au premier étage de la Villa, le rez-de-chaussée étant alors occupé par le musée d'archéologie. En 1989, le musée d'archéologie est déplacé vers le site antique voisin et le musée Matisse peut alors s'agrandir : il fait l'objet d'une vaste rénovation ainsi que d'un projet d'extension qui l'oblige à rester fermé pendant quatre ans. Le musée rouvre en 1993, avec une nouvelle aile moderne à sa disposition ainsi que des espaces rénovés, ce qui lui permet d'exposer dans sa totalité la collection permanente, qui n'a cessé de croître depuis 1963 au fil des donations et des dépôts successifs.

Collections

La collection permanente du musée s'est constituée grâce à diverses donations, d'abord celle de Matisse en personne, qui résida et travailla à à Nice de 1917 à 1954, puis celles de ses héritiers ainsi que par des dépôts d'œuvres faits par l'État. Le musée regroupe ainsi 68 peintures et gouaches découpées, 236 dessins, 218 gravures, 57 sculptures et 14 livres illustrés de Matisse auxquels s'adjoignent 95 photographies, 187 objets ayant appartenu au peintre ainsi que des sérigraphies, des tapisseries, des céramiques, des vitraux et d'autres types de documents.

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